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La promotion interne dans la fonction publique

Un fonctionnaire qui vise la catégorie supérieure peut, selon le statut du cadre d'emplois visé, éviter de repasser un concours. Il existe une voie réservée aux fonctionnaires titulaires, la promotion interne, décrite sur Service-Public dans une fiche vérifiée le 21 août 2026. Elle donne accès à un corps (fonctions publiques de l'État et hospitalière) ou à un cadre d'emplois (territoriale) de catégorie supérieure, avec des fonctions d'un niveau plus élevé et une rémunération plus haute. Les textes de référence sont les articles L. 523-1 à L. 523-7 du code général de la fonction publique.

Qui peut en bénéficier

Seuls les fonctionnaires titulaires y ont accès, et le changement se fait au sein de la même fonction publique. C'est le statut particulier du corps ou du cadre d'emplois d'accueil qui fixe les conditions : âge, ancienneté (dans la catégorie, le corps ou le grade), emploi occupé ou formation. Il faut les remplir au 1er janvier de l'année de la promotion. Avant de monter un dossier, lisez donc le décret du cadre d'emplois visé, car deux cadres voisins peuvent poser des exigences très différentes.

Un exemple tiré du décret n° 87-1099 sur les attachés territoriaux, version en vigueur au 2 novembre 2026 : le recrutement au grade d'attaché se fait après inscription sur une liste d'aptitude issue d'un concours, ou issue d'une voie prévue à l'article L. 523-1. Ce texte ouvre aussi certaines inscriptions à des fonctionnaires de catégorie B ou à des secrétaires de mairie, sous conditions d'ancienneté.

Les quotas : un nombre de promotions limité

La promotion interne n'est pas un droit. Le nombre de places est fixé par le statut particulier et recalculé chaque année. Selon la fiche Service-Public :

  • dans la fonction publique de l'État, les promotions sont limitées aux deux cinquièmes des nominations faites par concours, intégration directe et détachement de plus de six mois (exemple du corps des greffiers) ;
  • dans la fonction publique territoriale, c'est une promotion pour deux recrutements (concours, mutation, détachement, intégration directe, titularisation de personnes handicapées en fin de CDD). Une promotion est possible après au moins deux ans sans promotion et au moins un recrutement. Pour la plupart des cadres A et B, un calcul basé sur 8 % des effectifs peut être plus favorable ;
  • dans la fonction publique hospitalière, les promotions sont limitées au tiers des nominations (exemple du corps des techniciens hospitaliers).

Comme les quotas dépendent des recrutements, une collectivité qui recrute peu dispose de peu de promotions. Le nombre de places dépend donc aussi de l'employeur, pas seulement de la valeur de l'agent.

Deux façons d'être sélectionné

Le statut particulier peut prévoir l'une ou l'autre de ces modalités, ou les deux.

  • Au choix : l'employeur (la collectivité ou le centre de gestion pour la territoriale) choisit parmi les agents qui remplissent les conditions, selon leur valeur professionnelle et leur expérience. Les lignes directrices de gestion précisent les critères : diversité du parcours, formations suivies, conditions d'exercice (engagement, adaptation, encadrement).
  • Après examen professionnel : sont promus ceux qui réussissent les épreuves. Elles peuvent se tenir par visioconférence, dans les conditions de l'arrêté d'ouverture, notamment pour les candidats ultramarins, à l'étranger, en situation de handicap, enceintes ou dont l'état de santé le nécessite, ou pour tout candidat. Dans la territoriale, l'inscription est possible au plus tôt un an avant d'avoir rempli les conditions. Le décret n° 2024-759 du 7 juillet 2024 et l'arrêté du 8 juillet 2024 encadrent la visioconférence.

La liste d'aptitude et la nomination

Dans les fonctions publiques territoriale et hospitalière, les agents choisis ou admis à l'examen sont inscrits sur une liste d'aptitude. L'inscription ne vaut pas recrutement. Il faut ensuite candidater sur un emploi vacant ou répondre aux offres reçues. Dans la territoriale, une offre restée sans réponse pendant deux mois vaut refus, et deux refus entraînent la radiation de la liste.

Sans nomination au bout de deux ans, l'agent peut demander sa réinscription pour une troisième puis une quatrième année. Au-delà, la promotion est perdue. Ce délai est suspendu dans plusieurs cas, comme le congé parental, le congé de longue durée ou un mandat d'élu local. La radiation de la liste intervient à la date de nomination en stage ou de titularisation. Selon le statut, la personne promue est nommée stagiaire ou titularisée directement, et son classement dans le nouveau grade suit les règles du statut particulier.

Où se renseigner et se tromper moins

Dans la territoriale, la sélection relève de la collectivité ou du centre de gestion : renseignez-vous auprès de votre service des ressources humaines. Les examens professionnels des centres de gestion et du CNFPT sont listés avec leurs dates d'inscription sur concours-territorial.fr. Dans les deux autres fonctions publiques, adressez-vous au service gestionnaire de votre corps.

  • Vérifier les conditions à la bonne date : elles s'apprécient au 1er janvier de l'année de promotion.
  • Ne pas confondre inscription sur la liste d'aptitude et nomination : sans poste vacant et sans candidature, rien ne se passe.
  • Répondre aux offres reçues, au risque de cumuler deux refus et de perdre sa place.
  • Demander à temps la réinscription après deux ans, et signaler les situations qui suspendent le délai.

La fiche Service-Public ne détaille pas les épreuves de chaque examen ni les conditions de chaque corps. Pour ces points, il faut consulter le statut particulier visé.

Sources