La nouvelle bonification indiciaire (NBI)
Dix points de NBI représentent, avec une valeur de point de 4,92 euros indiquée par service-public.gouv.fr (page vérifiée le 11 septembre 2026), 49,20 euros brut par mois : ce calcul, que la page ne fait pas elle-même, suffit à voir que la nouvelle bonification indiciaire reste un complément modeste. Son intérêt est ailleurs, car elle entre dans le calcul de la retraite et de plusieurs autres éléments de paie.
Définition et bénéficiaires
La NBI est un élément de rémunération des fonctionnaires, versé lorsque l'emploi occupé comporte une responsabilité ou une technicité particulière, selon la fiche de service-public.gouv.fr, ou des sujétions particulières, d'après le portail de la fonction publique (page mise à jour le 5 avril 2023). Elle valorise notamment l'encadrement et l'exercice de fonctions dans certaines zones, comme les quartiers prioritaires de la politique de la ville. Concrètement, elle se traduit par des points d'indice majoré supplémentaires.
Les fonctionnaires stagiaires et titulaires des trois versants peuvent la percevoir, quel que soit leur corps ou cadre d'emplois, de même que les militaires d'après le portail de la fonction publique. Les contractuels n'y ont pas droit, même sur un emploi figurant dans la liste, car leur rémunération est censée tenir compte des spécificités de leurs fonctions. Service-public.gouv.fr signale une exception : les personnes recrutées au titre des dispositions d'accès à la fonction publique prévues pour les personnes handicapées.
Quels emplois ouvrent droit à la NBI
Il n'existe pas de liste unique. Les emplois sont fixés par des décrets ou des arrêtés ministériels propres à chaque fonction publique : le décret n° 93-522 du 26 mars 1993 pour l'État, le décret n° 93-863 du 18 juin 1993 pour la territoriale et le décret n° 94-139 du 14 février 1994 pour l'hospitalière. Pour les fonctions supérieures de direction, d'encadrement ou d'expertise, le décret n° 2020-710 du 10 juin 2020 s'applique. Dans la fonction publique de l'État, un arrêté fixe pour ces fonctions une enveloppe globale de points par ministère, répartie entre l'administration centrale, les services déconcentrés et les établissements publics, et un arrêté ministériel fixe les montants maximums par emploi.
Les exemples donnés par service-public.gouv.fr montrent l'amplitude : 15 points pour un greffier d'assises de l'État, 20 points pour un maître d'apprentissage territorial, 13 points pour un agent d'un service de grands brûlés participant directement aux soins dans la fonction publique hospitalière. Le portail de la fonction publique cite aussi, dans la territoriale, les agents qui exercent des fonctions de secrétariat à titre exclusif avec des obligations spéciales, qui peuvent percevoir 10 points : l'adjoint administratif (catégorie C) comme le rédacteur (catégorie B) sont concernés, mais pas un contractuel qui exercerait les mêmes tâches.
Pour savoir si votre poste ouvre droit à la NBI, la page de service-public.gouv.fr renvoie vers la direction des ressources humaines. Relisez aussi le texte de votre versant et comparez-le aux missions décrites dans votre fiche de poste.
Calcul et versement
Le montant est égal au nombre de points d'indice majoré multiplié par la valeur du point. La NBI est versée chaque mois. Elle suit le sort du traitement indiciaire pendant les congés annuels, les congés de maladie, les congés de maternité ou d'adoption, le congé de paternité et d'accueil de l'enfant, le congé de longue maladie (tant que l'agent n'est pas remplacé) et le temps partiel thérapeutique. Elle est réduite au prorata en cas de temps partiel ou d'emploi à temps non complet.
Si les fonctions ouvrent droit à plusieurs NBI, seule la plus élevée est versée. La NBI cesse dès que l'agent n'exerce plus les fonctions qui l'ouvrent, ou lorsqu'il est placé en congé de longue durée ou en congé pour invalidité temporaire imputable au service. Un changement de poste, même dans la même collectivité, peut donc faire perdre la NBI immédiatement.
La valeur du point évolue : la page du portail de la fonction publique donnait, pour le 1er janvier 2023, 58,20 euros par an et par point, soit 873 euros brut par an pour 15 points. Utilisez la valeur en vigueur au moment du calcul et le détail de votre bulletin de paie.
Effets sur les autres éléments de paie
La NBI entre dans le calcul de l'indemnité de résidence et du supplément familial de traitement. Service-public.gouv.fr donne un exemple : pour un agent à l'indice majoré 485 qui perçoit 10 points de NBI, ces deux éléments sont calculés sur l'indice 495. Elle entre aussi dans le calcul des primes et indemnités fixées en pourcentage du traitement, comme les indemnités horaires pour travaux supplémentaires (IHTS), et dans les majorations ou indemnités résidentielles pour un service en département ou en collectivité d'outre-mer.
Effets sur la retraite
La NBI est soumise à cotisation au régime de base : le service des retraites de l'État pour les fonctionnaires d'État, la CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers. Contrairement à la plupart des primes, elle ouvre droit à un supplément de pension, qui s'ajoute à la pension principale. Ce supplément dépend du nombre d'années de perception et du montant de la NBI : il équivaut à la moyenne annuelle des sommes perçues, multipliée par la durée en trimestres liquidables et par le taux appliqué au calcul de la pension. Le portail de la fonction publique renvoie à un simulateur de la Caisse des dépôts pour l'estimer.
Les erreurs fréquentes
- Croire que la NBI dépend du grade : elle dépend de l'emploi effectivement exercé.
- Oublier qu'elle disparaît dès que l'agent change de fonctions, y compris en cas de mutation.
- Cumuler plusieurs NBI : seule la plus élevée est payée.
- Supposer qu'un contractuel exerçant les mêmes fonctions qu'un titulaire y a droit.
Les références juridiques citées par les pages officielles sont l'article L. 712-12 du code général de la fonction publique (service-public.gouv.fr cite les articles L712-7 à L712-13, dont L712-12 et L712-13 pour la NBI) et l'article 27 de la loi n° 91-73 du 18 janvier 1991, qui prévoit la prise en compte de la NBI pour la retraite.