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Conseiller principal d'éducation (CPE)

À la session 2026 du concours externe de recrutement de CPE au niveau bac+5, 432 postes étaient ouverts et 3 337 candidats s'étaient inscrits. Ces chiffres, tirés du rapport du jury publié par le ministère de l'Éducation nationale, donnent la mesure de la sélection : un peu moins de deux candidats présents à l'oral pour un poste. Le métier se prépare donc comme un concours de cadre de catégorie A, avec des épreuves écrites et orales précises.

Ce que fait un CPE au quotidien

Selon l'Onisep, le conseiller principal d'éducation seconde le chef d'établissement dans l'organisation de la vie scolaire et assure le lien entre les familles et l'équipe pédagogique. Il veille à la vie collective hors du temps de classe : ponctualité, entrées et sorties, respect du règlement intérieur et des consignes de sécurité, notamment pendant les récréations, la pause déjeuner et les intercours. Il sert de médiateur entre élèves, familles et administration, travaille avec les enseignants, le chef d'établissement et le psychologue de l'Éducation nationale, anime le foyer et forme les délégués de classe au conseil de la vie lycéenne.

Il exerce en collège, en lycée général et technologique, en lycée professionnel ou agricole. Selon la taille de l'établissement, il peut y avoir un ou plusieurs CPE, et un nombre variable d'assistants d'éducation placés sous leur autorité. Le jury du concours renvoie les candidats au référentiel de compétences des métiers du professorat et de l'éducation de 2013 et à la circulaire du 10 août 2015 sur les missions des CPE.

Les concours et leurs épreuves

L'arrêté du 25 janvier 2021 fixe l'organisation des concours : externe, externe spécial, interne et troisième concours. Le rapport du jury précise que la session 2026 est l'avant-dernière du concours de niveau master 2 (bac+5) régi par cet arrêté, et que beaucoup de candidats auraient pu se tourner vers le concours de niveau licence 3. L'Onisep indique que les CPE sont recrutés dès la troisième année de licence à partir de la session 2026. Pour les dates, les niveaux de diplôme et le calendrier de la prochaine session, consultez la page officielle du ministère.

Pour le concours externe de niveau bac+5, le rapport décrit quatre épreuves.

  • Admissibilité, composition : quatre heures, coefficient 2 (coefficient 4 pour le troisième concours). Elle porte sur les sciences humaines et de l'éducation, l'histoire, la philosophie et la sociologie de l'éducation, la psychologie de l'enfant et de l'adolescent, les sciences cognitives et le fonctionnement du système éducatif.
  • Admissibilité, analyse d'une situation éducative : cinq heures, coefficient 2, réservée au concours externe. Le candidat exploite un dossier documentaire puis présente un projet mobilisant l'équipe de vie scolaire.
  • Admission, épreuve sur sujet et dossier : deux heures de préparation, vingt minutes d'exposé et quarante minutes d'entretien, coefficient 5. Le dossier compte au plus quatre pages et trois à cinq documents, et un ordinateur connecté à internet est mis à disposition.
  • Admission, entretien avec le jury : trente-cinq minutes, coefficient 3, avec cinq minutes de présentation du parcours puis deux mises en situation professionnelle sur les valeurs de la République, dont la laïcité.

Une note égale ou inférieure à 5 sur 20 est éliminatoire aux épreuves d'admissibilité. Aux épreuves d'admission, seule la note 0 élimine. Les candidats admissibles transmettent une fiche individuelle de renseignement avant l'oral : 61 admissibles, soit 6,88 %, ne sont pas allés au bout de la session 2026, certains ayant été éliminés faute d'avoir remis cette fiche malgré trois relances.

Les chiffres de la session 2026

Concours externeTroisième concours
Postes43218
Inscrits3 337883
Admissibles88751
Admis43218 (et 2 sur liste complémentaire)
Note du dernier admis11,71 sur 2011,07 sur 20
Taux de réussite48,8 %36 %

Ces données viennent du rapport du jury de la session 2026. Elles décrivent une session passée : le nombre de postes et le niveau d'exigence changent chaque année. Le même rapport relève que 75 % des admissibles au concours externe avaient 30 ans ou moins, et que 84 % des admissibles au troisième concours avaient entre 40 et 55 ans.

Ce que le jury reproche le plus souvent aux copies

Le rapport est assez concret sur les erreurs récurrentes. Près de 80 % des copies ne répondent pas entièrement à la commande du sujet : elles oublient les références aux missions du CPE, aux acteurs concernés (coordonnateur d'ULIS, AESH, MDPH) ou aux particularités de l'établissement. La problématique manque ou se limite à une reprise de l'intitulé. Environ un tiers des compositions contient beaucoup de fautes d'orthographe ou de syntaxe, ce que le jury juge incompatible avec le métier. Environ 40 % des copies ne respectent pas le plan annoncé ou déséquilibrent les parties. Les dispositifs institutionnels comme le programme EVAR-S, les compétences psychosociales ou pHARe sont rarement cités.

À l'oral, le jury attend du candidat qu'il s'appuie sur les stages ou périodes d'alternance en établissement, sur des échanges avec des professionnels et sur l'observation de la vie scolaire. Le rapport précise qu'aucune connaissance approfondie du métier « vécu de l'intérieur » n'est exigée des candidats externes. Une expérience en EPLE reste un atout.

Après le concours : carrière et rémunération

Les CPE sont fonctionnaires de l'État dans la grande majorité des cas, et des contractuels existent aussi, recrutés par les établissements privés ou, pour certains postes vacants, par les académies. L'Onisep indique un salaire de début de carrière à partir de 2 000 euros brut par mois, variable selon le lieu d'exercice et le statut. Après quatre ans d'ancienneté, un CPE peut passer le concours de personnel de direction de 2e classe, puis, après cinq années supplémentaires, celui d'inspecteur de l'Éducation nationale, toujours selon l'Onisep. Les modalités exactes se lisent dans les textes statutaires et sur le site du ministère.

Sources